Archive dans janvier 2024

Exploitation des terres rares à Ampasindava : L’OSCIE au cœur de la protection des communautés locales

La presqu’île d’Ampasindava, située dans le district d’Ambanja, fait l’objet d’une attention soutenue en raison du projet d’exploitation de terres rares, suscitant des préoccupations tant parmi les communautés locales que les organisations de la société civile depuis plus d’une décennie. Dans le cadre du projet « Appui aux structures locales face au développement des projets extractifs dans les zones à forte potentialité des ressources naturelles : cas du projet d’exploitation des terres rares dans la presqu’île d’Ampasindava, district d’Ambanja », financé par le GEF SGP (Global Environment Facility – Small Grants Programme), l’Organisation de la Société Civile sur les Industries Extractives (OSCIE) s’est engagée de manière proactive pour soutenir les communautés locales face aux enjeux complexes de ce projet.

Inquiétude

Bien que le projet d’exploitation des terres rares se trouve actuellement en phase d’exploration, le Coordonnateur National de l’OSCIE, Clément Rabenandrasana, a indiqué que le passage en phase d’exploitation pourrait se concrétiser cette année. Cependant, il met en évidence les lacunes existantes dans les données disponibles concernant les avantages réels de l’exploitation par rapport aux coûts environnementaux et sociaux. Dans le cadre de son action, l’OSCIE a entrepris un diagnostic approfondi des zones d’intervention du projet, s’engageant dans des consultations avec les représentants des communautés locales pour appréhender leurs inquiétudes quant à l’impact potentiel du projet sur l’environnement.

Localisation de la péninsule d’Ampasindava et délimitation des unités paysagères

Risque de déplacement forcé

La concession minière, s’étendant sur 300 km2, couvre un tiers de la presqu’île d’Ampasindava, avec le reste classé en aire naturelle protégée. Cette configuration suscite la crainte de déplacements forcés pour une quinzaine de villages en cas de début d’exploitation. Les procédés d’extraction et de raffinage des terres rares, reconnus pour leurs impacts environnementaux, ajoutent une couche d’inquiétude supplémentaire. Les terres rares, qualifiées souvent de métaux stratégiques, jouent un rôle crucial dans la transition énergétique, étant utilisées dans la fabrication de panneaux photovoltaïques et de batteries de voitures électriques. Néanmoins, leur exploitation doit être minutieusement évaluée pour minimiser les conséquences négatives.

Autonomisation communautaire : : renforcement des capacités et sensibilisation

Dans le cadre du projet « Appui aux structures locales », l’OSCIE a initié des interactions avec les autorités locales en vue de renforcer les capacités des communautés et de favoriser l’accès à l’information. L’objectif est d’autonomiser les habitants en les informant de manière exhaustive sur l’évolution du projet, les préparant ainsi à participer activement aux processus de prise de décision.

En parallèle, des actions d’investigations continues et des sessions de formation sur les doléances sont planifiées. Ces initiatives visent à habiliter les communautés à entreprendre des actions légitimes dans la revendication de leurs droits, tout en sensibilisant aux pratiques les plus efficaces. La reconnaissance du risque lié au manque d’information, rendant la population locale vulnérable, incite l’OSCIE à remédier à cette situation en fournissant les ressources et les connaissances nécessaires.

En conclusion, l’OSCIE s’affirme comme un acteur essentiel dans la protection des intérêts des communautés locales face à des projets extractifs controversés. Son engagement proactif pour renforcer les capacités et autonomiser les habitants reflète la volonté de garantir que les décisions prises tiennent compte des impacts sociaux, environnementaux et économiques à long terme, dans le cadre du projet « Appui aux structures locales face au développement des projets extractifs dans les zones à forte potentialité des ressources naturelles : cas  du  projet d’exploitation des terres rares dans la presqu’île d’Ampasindava, district d’Ambanja », financé par le GEF SGP.

Combattre l’exploitation des enfants dans les mines aurifères : Formation et Sensibilisation à DIANA

Dans le cadre du projet « Lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères de Betsiaka, district d’Ambilobe, région DIANA », soutenu financièrement par le Fonds Canadien d’Initiatives Locales et porté par l’Organisation de la Société Civile sur les Industries Extractives (OSCIE), un atelier de formation et une campagne de sensibilisation ont été organisés du 08 au 10 novembre 2023 dans le district d’Ambilobe, région DIANA. L’objectif était de renforcer les connaissances des parties prenantes locales sur les droits de l’enfant et de sensibiliser les acteurs engagés dans la lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères.

Formation sur les droits de l’enfant et les cadres légaux

Un atelier de formation s’est tenu à l’Hôtel Restaurant DIANA Ambilobe le 8 novembre 2023, réunissant un panel diversifié de 35 participants. Parmi eux figuraient des dirigeants régionaux des ministères, des autorités locales, des opérateurs miniers, des enseignants, des commerçants, des représentants de la société civile et diverses organisations sociales. Cette initiative, orchestrée par l’Organisation de la Société Civile sur les Industries Extractives (OSCIE), vise à mobiliser des ressources et à générer un impact significatif dans la lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères.

Le Coordonnateur National de l’OSCIE, Monsieur Clément RABENANDRASANA, souligne l’objectif majeur de cet atelier, celui d’habiliter chaque participant à agir de manière autonome, renforçant ainsi l’impact global, car la lutte contre le travail des enfants est une entreprise collective exigeant la participation de chacun».

L’aspect essentiel de cette formation était d’informer les acteurs clés sur les lois et réglementations encadrant l’emploi des mineurs, ainsi que sur les droits fondamentaux des enfants. Les contenus de la formation ont été fournis par le ministère de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme, ainsi que par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction Publique.

Le directeur de l’Administration générale régionale DIANA, Monsieur JAFIMANJO, a exprimé avec satisfaction le privilège d’accueillir un événement d’une telle importance dans le district d’Ambilobe. Il a également salué l’initiative de l’OSCIE et la collaboration des partenaires, reconnaissant la réalité du travail des enfants dans les sites aurifères vécue par les habitants de Betsiaka.

Témoignages poignants et réalité déchirante

La formation a été marquée par des témoignages poignants, en particulier ceux des enseignants décrivant la dure réalité du travail des enfants dans la zone ciblée. Monsieur Fahedy, Directeur de l’EPP Ampihamony, a partagé son témoignage, détaillant les tâches pénibles des enfants, de creuser des trous profonds à tamiser l’or sous le soleil, pieds dans l’eau, et transporter des pierres lourdes depuis les sommets des montagnes. Ces enfants, attirés par la perspective d’un gain financier rapide dans les sites aurifères, abandonnent parfois l’école. Les témoignages mettent en lumière une réalité déchirante où le travail prévaut sur une enfance innocente, résultant de la pauvreté des parents et/ou de leur méconnaissance de la loi. Il devient impératif de sensibiliser les parents pour faire face à cette complexité.

Campagne de sensibilisation et actions à entreprendre

Dans le prolongement de cette initiative, une campagne de sensibilisation axée sur la lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères a été menée dans les villages de Betsiaka, Mantalimaro et Ampihamony le 9 novembre. Les autorités locales, les opérateurs, les enseignants et les habitants ont participé à ces séances visant à changer les comportements en faveur de la protection des enfants.
Au cours de ces séances, l’accent a été mis sur la définition du travail des enfants, la distinction entre le travail des enfants et les tâches ménagères, les impacts économiques du travail des enfants, les risques associés, et l’importance de l’éducation. Les témoignages des parents et des enfants soulignent la réalité complexe de cette problématique, où la nécessité économique pèse lourdement sur le futur des enfants.
Le projet « Lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères de la commune rurale de Betsiaka, district d’Ambilobe, région DIANA », soutenu par le FCIL et mis en œuvre par l’OSCIE, se positionne comme une réponse cruciale pour aborder cette problématique. Il souligne la nécessité d’une action collective et coordonnée pour garantir un avenir meilleur aux enfants de la région.