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Combattre l’exploitation des enfants dans les mines aurifères : Formation et Sensibilisation à DIANA

Dans le cadre du projet « Lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères de Betsiaka, district d’Ambilobe, région DIANA », soutenu financièrement par le Fonds Canadien d’Initiatives Locales et porté par l’Organisation de la Société Civile sur les Industries Extractives (OSCIE), un atelier de formation et une campagne de sensibilisation ont été organisés du 08 au 10 novembre 2023 dans le district d’Ambilobe, région DIANA. L’objectif était de renforcer les connaissances des parties prenantes locales sur les droits de l’enfant et de sensibiliser les acteurs engagés dans la lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères.

Formation sur les droits de l’enfant et les cadres légaux

Un atelier de formation s’est tenu à l’Hôtel Restaurant DIANA Ambilobe le 8 novembre 2023, réunissant un panel diversifié de 35 participants. Parmi eux figuraient des dirigeants régionaux des ministères, des autorités locales, des opérateurs miniers, des enseignants, des commerçants, des représentants de la société civile et diverses organisations sociales. Cette initiative, orchestrée par l’Organisation de la Société Civile sur les Industries Extractives (OSCIE), vise à mobiliser des ressources et à générer un impact significatif dans la lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères.

Le Coordonnateur National de l’OSCIE, Monsieur Clément RABENANDRASANA, souligne l’objectif majeur de cet atelier, celui d’habiliter chaque participant à agir de manière autonome, renforçant ainsi l’impact global, car la lutte contre le travail des enfants est une entreprise collective exigeant la participation de chacun».

L’aspect essentiel de cette formation était d’informer les acteurs clés sur les lois et réglementations encadrant l’emploi des mineurs, ainsi que sur les droits fondamentaux des enfants. Les contenus de la formation ont été fournis par le ministère de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme, ainsi que par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction Publique.

Le directeur de l’Administration générale régionale DIANA, Monsieur JAFIMANJO, a exprimé avec satisfaction le privilège d’accueillir un événement d’une telle importance dans le district d’Ambilobe. Il a également salué l’initiative de l’OSCIE et la collaboration des partenaires, reconnaissant la réalité du travail des enfants dans les sites aurifères vécue par les habitants de Betsiaka.

Témoignages poignants et réalité déchirante

La formation a été marquée par des témoignages poignants, en particulier ceux des enseignants décrivant la dure réalité du travail des enfants dans la zone ciblée. Monsieur Fahedy, Directeur de l’EPP Ampihamony, a partagé son témoignage, détaillant les tâches pénibles des enfants, de creuser des trous profonds à tamiser l’or sous le soleil, pieds dans l’eau, et transporter des pierres lourdes depuis les sommets des montagnes. Ces enfants, attirés par la perspective d’un gain financier rapide dans les sites aurifères, abandonnent parfois l’école. Les témoignages mettent en lumière une réalité déchirante où le travail prévaut sur une enfance innocente, résultant de la pauvreté des parents et/ou de leur méconnaissance de la loi. Il devient impératif de sensibiliser les parents pour faire face à cette complexité.

Campagne de sensibilisation et actions à entreprendre

Dans le prolongement de cette initiative, une campagne de sensibilisation axée sur la lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères a été menée dans les villages de Betsiaka, Mantalimaro et Ampihamony le 9 novembre. Les autorités locales, les opérateurs, les enseignants et les habitants ont participé à ces séances visant à changer les comportements en faveur de la protection des enfants.
Au cours de ces séances, l’accent a été mis sur la définition du travail des enfants, la distinction entre le travail des enfants et les tâches ménagères, les impacts économiques du travail des enfants, les risques associés, et l’importance de l’éducation. Les témoignages des parents et des enfants soulignent la réalité complexe de cette problématique, où la nécessité économique pèse lourdement sur le futur des enfants.
Le projet « Lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères de la commune rurale de Betsiaka, district d’Ambilobe, région DIANA », soutenu par le FCIL et mis en œuvre par l’OSCIE, se positionne comme une réponse cruciale pour aborder cette problématique. Il souligne la nécessité d’une action collective et coordonnée pour garantir un avenir meilleur aux enfants de la région.

De la mine à l’éducation : 50 enfants de Betsiaka retrouvent l’école grâce au partenariat OSCIE-FCIL

L’éducation, pierre angulaire du développement d’une société, se trouve parfois compromise dans des zones où le travail des enfants dans les mines aurifères prédomine.  C’est dans ce contexte que l’OSCIE Madagascar (Organisation de la Société Civile sur les Industries Extractives) a initié le projet « Lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères de Betsiaka, district d’Ambilobe, région DIANA ». Le 12 octobre 2023, une avancée significative de ce projet, financé par le Fonds Canadien d’Initiatives Locales, a été marquée la distribution de kits scolaires et le règlement des frais annexes, permettront aux enfants victimes de reprendre l’école.

Distribution de kits scolaire par OSCIE

Au cœur des terres où l’or scintille, un sombre paradoxe se dessine. Dans la commune rurale de Betsiaka, la jeunesse énergique se retrouve malheureusement encore confrontée au dur labeur dans les mines d’or. Certains petits sont chargés de transporter des fardeaux, atteignant jusqu’à 50 kg de roches, tandis que d’autres se lancent involontairement dans des excavations abyssales de 20 à 80 mètres de profondeur. Aussi, certains enfants passent-ils leurs journées les pieds dans l’eau, à tamiser et nettoyer les pierres, alors que d’autres se lèvent en pleine nuit pour balayer des zones spécifiques. Tout cela, dans une quête effrénée de dénicher le précieux or, dont la vente et la gestion sont souvent confiées aux mains des parents.

Cette réalité quotidienne entrave la possibilité pour les enfants d’aller à l’école. La motivation ainsi que les raisons convaincantes de fréquenter l’école leur échappent de plus en plus. Pour ceux qui ont tenté l’expérience, beaucoup ont abandonné. Ils sont découragés en raison des défis insurmontables liés à la scolarité : de longue marche, l’estomac vide sur les bancs, les frais de scolarité… Et surtout, lorsque l’on évoque le fait d’aller à l’école pour assurer un avenir financier, le chemin semble ardu et lent. Pour ces jeunes, l’or apparaît comme une alternative pratique et plus accessible.

Tamisage d’or dans la commune rurale de Betsiaka

Transition positive vers l’éducation

Face à ces circonstances, l’idée d’envoyer un enfant à l’école s’est graduellement éloignée de la tradition culturelle de la population de Betsiaka. Seuls quelques-uns manifestent encore le désir d’éduquer leurs enfants. Une réalité d’autant plus déchirante que cette minorité rencontre des obstacles financiers considérables. Dans le but de remédier à cette situation, l’OSCIE s’est associée au Fonds Canadien d’Initiatives Locales pour lancer un projet intitulé « Lutte contre le travail des enfants dans les sites aurifères de Betsiaka, district d’Ambilobe, région DIANA« . Parmi les nombreuses actions envisagées dans le cadre de ce projet, la réinsertion scolaire et/ou la scolarisation des enfants impliqués dans les travaux des sites aurifères occupent une place centrale.

Après les temps sacrifiés dans les carrières minières, le petit se réjouit de reprendre le chemin de l’école!

Au cours du mois d’octobre dernier, 50 bénéficiaires ont été identifiés, comprenant 25 filles et 25 garçons issus de 36 ménages. Cette statistique est sujette à des évolutions. Les critères de sélection ont été soigneusement établis, mettant l’accent sur la volonté exprimée par l’enfant et ses parents. De plus, une priorité a été accordée aux parents en proie à d’importantes difficultés financières, ainsi qu’aux mères célibataires, aux veuves et à celles qui ont la charge de nombreux enfants. Ce projet vise à offrir une lueur d’espoir éducative aux enfants victimes du travail dans les mines aurifères, tout en promouvant un secteur extractif responsable, éloigné de toute implication des enfants.

Les parents sont présents lors de la séance de distribution de kits scolaires, démontrant ainsi leur engagement.

Distribution de Kits Scolaires

Le 12 octobre dernier, les bénéficiaires provenant des fokontany de Mantalimaro, Labeka, Ampiamonina, Ankatoko et de Betsiaka ont été rassemblés à la commune rurale de Betsiaka. Une remise de kits scolaires a été réalisée afin de permettre à ces cinquante enfants de retrouver le chemin de l’école. Chacun de ces kits est équipé d’un cartable arborant les logos du Fonds Canadien d’Initiatives Locales et de l’OSCIE. En outre, ces kits comprennent cinq cahiers, dont deux de 200 pages et trois de 100 pages, une règle, une ardoise, trois stylos de couleurs différentes (bleu, rouge, vert), ainsi qu’une gomme.

Kits scolaires distribués par OSCIE, en partenariat avec FCIL

Les parents et les enfants ont exprimé leur gratitude pour cette initiative, comme en témoigne RAHARIMANANA Maurile, un père de famille, qui a déclaré : « Nous sommes vraiment reconnaissants envers l’OSCIE. Ils ont encouragé nos enfants à choisir les études plutôt que de travailler dans les sites aurifères. Nous nous engageons à fournir des efforts de notre côté afin de garantir la continuité des études de nos enfants jusqu’à leur achèvement». De même, Charna Ernestine, une fillette, a partagé son appréciation en disant : « Les fournitures sont vraiment appréciées. J’ai trouvé tout le nécessaire pour l’école, et je suis convaincue que cela me sera d’une grande aide pour réussir dans mes études ».

En complément de la distribution des kits scolaires, l’OSCIE en collaboration avec le FCIL, a pris en charge les droits d’inscription et les frais annexes de chaque élève, d’un montant de 15 000 à 25 000 Ariary. Cette somme a été remise au responsable de l’école, permettant ainsi à ces enfants de débuter immédiatement l’année scolaire.

La Directrice d’Ecole a reçu les frais annexes liés à l’inscription scolaire des bénéficiaires

Exploration des opportunités économique

La confirmation que les difficultés financières constituent l’une des principales entraves à la scolarisation des enfants a renforcé la pertinence de ce projet soutenu par le FCIL. Dans le cadre de cette initiative, l’OSCIE a entrepris un inventaire des opportunités prometteuses dans la région, en conduisant des entretiens avec les parents bénéficiaires. L’objectif est de les accompagner dans la mise en place d’activités génératrices de revenus, leur permettant ainsi de répondre aux besoins de leur famille y compris la scolarisation de leurs enfants. Les suggestions les plus fréquemment avancées incluent le commerce de produits de première nécessité, l’agriculture et divers petits entrepreneuriats. La concrétisation de ces propositions est à suivre…